On l’a vu dans de précédents articles, Babylone a déjà été confronté au licol et à notre volonté de le faire suivre en tirant un peu sur la longe. On l’a fait quelques fois, mais pas tant que ça, et quand on l’amenait avec Magie brouter dans le jardin, on le suivait aussi souvent qu’il devait nous suivre.
Quand on a décidé de les emmener tous les deux dans le pré en face, on a fait comme si c’était acquis et Babylone n’a pas trop mal suivi. Je me suis dit qu’il continuerait d’apprendre en faisant les aller-retours qu’on leur ferait faire tous les jours, puisqu’on a décidé de les ramener chaque soir ici. Erreur… La dernière fois, ils étaient un peu stressés à cause de la moissonneuse-batteuse qui récoltait le tournesol à côté du grand pré, et Babylone s’échauffait en rentrant, trottinait, doublait en me bousculant un peu. Je l’arrêtais et l’obligeais à reculer, ce qu’il a appris dans un contexte plus calme. Mais il était trop énervé et il s’est cabré deux fois, me touchant même avec un antérieur. Je me suis fâchée, je lui ai crié dessus et je l’ai tapé du bout de la longe, mais j’ai dû me contenter de peu d’amélioration pour continuer le chemin. Quelle déception de me retrouver dans le genre de situation dans lequel je ne voulais justement jamais aller…
J’ai donc décidé de les laisser quelques jours dans le petit pré à côté, histoire de refaire quelques exercices avant de repartir. Le lendemain, j’ai repris la pose du licol et les cessions à la pression: sur les fesses pour qu’il pousse ses hanches, sur le poitrail pour qu’il recule, sur les épaules pour qu’il les éloigne, sur la corde pour qu’il suive, le tout dans le paddock et à l’aide de petits bouts de carottes. Globalement, il a été très coopératif. D’où ma deuxième erreur: j’ai pensé que dans le paddock, c’était trop facile et qu’il fallait l’emmener dans le pré, si je voulais le préparer à aller plus loin. Au début, tout se passait bien, mais je suis allée un peu trop loin de Magie, du paddock, de tout ce qui rassure, et, de nouveau, Babylone s’est énervé, braqué et cabré. Et de nouveau j’ai dû me fâcher, crier, tirer de tout mon poids sur la longe pour l’empêcher de se lever, puis me contenter de peu d’amélioration pour revenir au paddock. J’ai voulu aller trop vite et je lui ai fait peur.
Il n’empêche que quand il est stressé, ou simplement excité, il monte sa mère; c’est d’ailleurs ce qu’il faisait dès qu’on les amenait simplement brouter dans le jardin. Mais quand il est mené et ne peut pas monter sa mère, il tente de monter son meneur ! C’est ce qu’il a fait quand je l’ai ramené dans le grand pré, où on les laisse, maintenant, c’est plus tranquille… Il a beaucoup à apprendre sur les relations possibles avec les humains, mais j’ai aussi beaucoup à apprendre de lui. A commencer par trouver une solution à ce problème d’incompatibilité de comportement entre lui et nous…